La vie nocturne à Montmartre

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Montmartre, un village

Destinations / Paris & Ile de France

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Culture

La Belle Epoque,...Montmartre a fondé sa réputation sur ses activités nocturnes particulièrement dynamiques vers la fin du XIXe siècle.

Présentation
Parallèlement à sa renommée en tant que quartier artistique, Montmartre a fondé sa réputation sur ses activités nocturnes particulièrement dynamiques vers la fin du XIXe siècle. Lieu de plaisirs et de débauche, ses cabarets, tavernes, guinguettes et bals deviennent les symboles d’un brassage socioculturel. Tout Paris s’y croise : des ouvriers, marginaux, artistes, poètes, mais aussi les bourgeois, aristocrates, et mondains, attirés par cette effervescence. La culture populaire est mise à l’honneur.

Ce développement s’explique par l’instauration de droits d’octroi sur les produits entrant dans Paris (notamment le vin) à partir de 1785. Les gens prennent alors l’habitude d’aller boire et s’encanailler dans les bals et les nombreuses guinguettes de Montmartre. En effet, à cette époque le quartier ne fait pas partie de Paris, il ne lui sera rattaché qu’en 1860.

Après les horreurs de la guerre de 1870, s’ouvre une période d’insouciance et de légèreté. Ce sera une période de répit entre deux guerres et une transition entre deux siècles. On l’appellera « La Belle Epoque ». C’est l’apogée des cabarets. Les établissements s’installent surtout au bas de la butte. Outre le Chat Noir et le Moulin Rouge, assurément les plus connus, on distinguait Le Divan Japonais où Yvette Guilbert fut applaudie pour la première fois, ou Le Néant, boulevard de Clichy, qui avait la particularité d’avoir des cercueils en guise de tables et un éclairage venant de bougies enfoncées dans des crânes.

Ces activités amènent une population très mêlée et parfois dangereuse (prostituées et marginaux de toutes sortes). Le bas de la butte contraste avec le haut qui, jusqu'en 1914, ressemble plus à un village fameux pour son air pur et ses moulins. Les artistes s’y installent en nombre, attirés par les logements à bas-prix.

Après la Grande guerre, les artistes désertent la butte, lui préférant le quartier Montparnasse. Les malfrats succèdent alors aux peintres. Le bas de la butte devient un invraisemblable melting-pot de truands et prostituées qui se mêlent aux bourgeois fêtards et aux touristes.

Aujourd’hui la plupart des lieux de divertissement ne sont plus actifs. De nouveaux établissements ont vu le jour comme les populaires « Chez Michou » et « Madame Arthur », cabarets de transformistes situés tous deux rue des martyrs, ou « Chez ma cousine », rue Norvins. D’autres ont été remis au goût du jour et restent pour témoigner du temps passé. Parmi eux, le Lapin Agile, le doyen des cabarets, propose encore des veillées spectacle et le fameux Moulin Rouge, construit en 1885, profite toujours de sa renommée. On est cependant bien loin de l’atmosphère qui régnait à la Belle Epoque.