Montmartre et le Sacré Coeur

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Montmartre, un village

Destinations / Paris & Ile de France

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Histoire

Lieu de pèlerinage autour de l’église Saint Pierre et de la Basilique du Sacré Cœur. Montmartre, foyer de vie religieuse depuis des siècles.

Présentation
- Une vocation religieuse dès l’Antiquité :
La dimension religieuse de Montmartre s’affirme dès l’Antiquité. En effet, à cette époque des temples romains dédiés aux dieux Mars et Mercure étaient déjà présents sur la butte. C’est d’ailleurs de là que viendrait l’origine du nom Montmartre : Mons Martis (le mont de Mars).

- La légende de Saint Denis :
Une autre hypothèse est avancée quant à l’origine étymologique de Montmartre : la butte aurait été le lieu du martyr de Saint Denis, premier évêque de Paris. Envoyé par le pape Clément Ier pour prêcher les évangiles en Gaule dans un temps où les Chrétiens se faisaient persécuter, il fut arrêté et condamné à la décapitation sur la butte au IIIe siècle après J.C. L’exécution n’arrêta pas Saint Denis qui, selon la légende, ramassa sa tête, alla la laver dans une fontaine et marcha une dizaine de kilomètres jusqu’au village de Catulliacus, actuel Saint-Denis, où sera plus tard élevée la fameuse abbaye en son nom. Montmartre devint alors un haut lieu de pèlerinage consacré à Saint Denis durant tout le Moyen-âge. Une abbaye entretint son culte, renouvelé par la découverte au XVIIe siècle d'une grotte marquée de son nom.

- L’abbaye des Bénédictines :
En 1133, le roi Louis VI et sa femme Adélaïde de Savoie récupèrent quelques terres sur la colline et décident d’y fonder l’abbaye des « Dames de Montmartre » occupée jusqu'à la Révolution par l'ordre des Bénédictines. Cette abbaye s’impose comme l’une des plus riches et des plus importantes du royaume. Henri IV s’y installe durant le siège de Paris en 1590. On lui prête alors toutes sortes d’aventures avec les religieuses, notamment Marie de Beauvilliers, à peine âgée de 17 ans. Ainsi s’ouvre la période de décadence de l’abbaye qu’on surnommera « le magasin des putains de l’armée ». Après s’être repentie de ses fautes, Marie de Beauvilliers s’attachera à redresser l’ordre moral. Le domaine sera alors divisé en deux : l’abbaye d’en bas (actuel quartier des Abbesses) prendra le relais de l’abbaye d’en haut en état de délabrement. La dernière abbesse Marie-Louise de Montmorency-Laval, sourde et aveugle, sera exécutée en 1794 pour avoir comploté contre la République et l’abbaye sera démantelée. Seule l’église Saint Pierre, une des plus vieilles églises de Paris, survivra miraculeusement à la démolition.

- L’Ordre des Jésuites :
C’est à Montmartre, plus précisément à l’occasion d’une messe dans la crypte du martyrium, qu’Ignace de Loyola et six de ses compagnons fondent l’ordre de la « Compagnie de Jésus » en 1534. On les appellera par la suite les « Jésuites ».

- La Basilique du Sacré Cœur :
Après l’épisode de la Commune (de juillet 1870 à mai 1871) qui a profondément marqué l’histoire de Montmartre, Alexandre Legentil et Rohault de Fleury, deux notables parisiens, font vœu d’élever une église consacrée au Cœur du Christ. Il s'agit d’une œuvre de pénitence pour effacer à la fois la défaite de 1870 et le désordre de la Commune en créant un monument expiatoire. En 1873 l'Assemblée Nationale vote une loi déclarant l'édifice d'intérêt public. Le sommet de la butte de Montmartre est l’endroit idéal pour sa construction car en plus de son histoire religieuse, le site offre une vue imprenable sur Paris et est libre de construction.
C’est l’architecte Paul Abadie qui gagne le concours pour sa construction avec son projet de style néo-roman-byzantin. Les travaux commencent en 1876. Lors de sa consécration en 1919, l’église reçoit le titre de basilique, c’est à dire qu’elle a vocation de pèlerinage. Les fidèles se relaient jour et nuit pour assurer l’adoration perpétuelle du Cœur du Christ. Depuis 1995, les sœurs bénédictines du Sacré-Cœur accueillent pèlerins et fidèles et assurent l’animation matérielle et spirituelle de ce lieu de culte.

Outre les sœurs bénédictines, Montmartre abrite aujourd’hui trois autres communautés religieuses : les Carmélites, les religieuses de Notre-Dame du Cénacle et les religieuses de la Sainte-Famille de Bordeaux.