Montmartre, histoire d'un quartier populaire

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Montmartre, un village

Destinations / Paris & Ile de France

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Histoire

Petit village situé à quelques km de Paris, couvert de vergers, de vignes et de moulins, traversés de petits chemins menant aux champs...

Présentation
Du XVIIIe au XIXe siècle, Montmartre était un petit village situé à quelques kilomètres de Paris, couvert de vergers, de vignes et de moulins, traversés de petits chemins menant aux champs. En effet, la particularité de ses sous sols, l’emplacement stratégique et en altitude, ont déterminé la vie des montmartrois. Ainsi, la majorité de ses habitants était alors des agriculteurs, vignerons, meuniers, et carriers. Cet ancien village fut rapidement modifié après son annexion à Paris en 1860, mais grâce à certains plans de sauvegarde, quelques détails rappellent cette ancienne vie de village.

Le sous sol de Montmartre est particulièrement riche en gypse duquel on extrayait un plâtre de qualité, fin, et réputé. Les romains s’en servaient déjà et a même était exporté jusqu’aux Etats-Unis. Mais c’est Georges Cuvier (1769- 1833) qui rendit mondialement connu le gypse de Montmartre pour de toutes autres raisons. En effet, Georges Cuvier a fournit les bases de l'actuelle anatomie comparée et ouvert la voie à la Paléontologie, grâce à ses découvertes et reconstitutions de nombreux mammifères fossiles trouvés dans les carrières de gypse de Montmartre. Il y découvrit entre autre l'empreinte d'un quadrupède, puis la tête, les mandibules et sa denture, dont la forme le conduit à le rapprocher des ossements des sarigues (petits mammifères marsupial d'Amérique du Sud). Cet exemple est le plus célèbre du principe des corrélations.

Mis à part ces découvertes riches pour les avancées de la géologie et de la paléontologie, le plâtre servit intensivement jusqu’au XVII ème siècle, à construire des maisons dans Paris, et on disait même : « il y a plus de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre ». Ainsi, sur la butte se trouvaient de nombreux fours à chaux pour la transformation de ce gypse en plâtre, qui était alors broyé, puis battu par les batteurs de plâtre, métier qui s’est donc éteint vers la fin du 19 ème siècle. Les carrières d’abord à ciel ouvert, offraient un refuge idéal aux voleurs et aux vagabonds, qui firent d’abord une mauvaise réputation au village, puis devinrent souterraines après l’interdiction du roi et celles-ci furent alors interdite d’accès avec la fin de leur exploitation à la fin du XIX ème siècle. Il subsistait tout de même plus de 300 kms de galerie, c’est pourquoi depuis 1980, le service des carrières mène une campagne d’injection de béton pour consolider les zones fragilisées.

A coté de l’extraction des carrières, de nombreux moulins à vent étaient plantés sur la butte, idéalement situés en hauteur (127 m d'altitude). Et d’ailleurs, ils ne servaient pas qu’à moudre le blé, mais également à broyer du plâtre, parfois des galets pour les manufactures verrières et même à presser du raisin lorsque la récolte était abondante. On y en décomptait neuf à l’ouest : le Moulin des Prés (villa Léandre), le Moulin de la Fontaine-Saint-Denis, le Moulin Vieux, le Moulin Neuf et la Grande-Tour (rue Lepic), le petit Moulin de la Poivrière, le Blute-Fin, le Radet et celui des Brouillards. Quatre autres dans l’actuelle rue Norvin : La Vieille, la Petite Tour et le moulin du Palais ; le Radet était là avant son transfert en 1834. Deux encore à l’Est : la Turlure et le moulin de la Lancette.

Le moulin de la galette est en réalité constitué de deux moulins : le « Blute-fin » et le « Radet » qui appartenaient à la famille Debray. Le nom provient de la fameuse Galette, petit pain de seigle, généralement accompagné d’un bon verre de lait, que les meuniers Debray produisaient. Vers 1830, le « Petit Père Debray » eut l’idée de transformer le lait en vin et leur moulin en guinguette pour organiser un bal public payant.
Ce grand bal populaire où les gens venaient danser le dimanche après-midi jusqu’à la nuit a été illustré par le célèbre tableau de Pierre Auguste Renoir en 1876 "Le bal du moulin de la Galette".

Aujourd’hui il ne reste d’ailleurs que les deux moulins du Blute-Fin et du Radet. Le Radet, situé à l’angle de la rue Lepic et de la rue Girardon, rénové en 1925, accueille maintenant un restaurant avec une vue splendide sur Paris et ses alentours. Le Blute-Fin a conservé intact son mécanisme intérieur, ses meules et la petite habitation aménagée dans son pied en maçonnerie. On ne peut malheureusement que l’entrevoir de la rue Lepic, car il fait partie d’une propriété privée et on ne peut pas le visiter.