Sadaka, l'aumône

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« Sadaka » a pour but de permettre aux Gnawas d'exprimer dans la joie, la fierté de leur identité et de leur liberté retrouvée.

Présentation
En français, Sadaka signifie « aumône »
Les trois jours du festival « Sadaka » ont pour but de permettre aux Gnawas venus de tout le Maroc d'exprimer dans la joie la fierté de leur identité et de leur liberté retrouvées.Durant les deux semaines qui précédent le festival les Gnawas vont de maison en maison de village en village dans la région de Khamlia, Merzouga, Hasilbide, Tiharessin, Tanamaste, Taouss pour collecter les dons de sucre, de thé, de graine, d'argent. Les festivaliers qui se rendent à la Sadaka ajoutent leurs dons à ceux qui ont ainsi été déjà collectés: dons d'argent ou pains de sucre emballés dans du papier violet, ou encore chèvres, moutons ou poules qui serviront au grand couscous préparé en cette occasion. Au milieu des festivités, une grande tente est montée que surveillent les Gnaoua les plus âgés.

Le 1 er jour du festival, Vers 16 h le festival commence par divers rituels :

1-Sacrifices :
Les sacrifices d'animaux sont fait durant l'après-midi du 1 er jour. Les Ganouas chassent les chèvres noires. En plus de leur dons les gens qui participent à la cérémonie peuvent également offrir des chèvre, moutons, poules. La viande est alors utilisée pour le couscous préparé en cette occasion. Les participants et les festivaliers se le partage.

Avec Les pieds nus on tourne plusieurs fois autour de la tente en tirant derrière soi des chèvres noires destinées au sacrifice.
Après quoi les chèvres sont égorgées pour être consommées au dîner.

2 La guérison :
Ceux qui souhaitent être guéris d'un mal s'asseyent devant une des tentes des Gnaouas, montés pour l'occasion.dans cette étape qui précède la transe, les gens qui souhaitent être guéris s'assoient devant la tente, les gnawas ôtent leurs turbans et les placent sur les têtes de ces malades puis ils tournent autour d'eux trois fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre en
chantant des prières :
1. Laâfou ya moulana (délivrance â mon dieu)
2. dawina dawina ya moulana (guéris-nous, guéris-nous ô mon dieu).
On répand du sel dans la partie concave des cymbales métalliques et chaque Gnaoua y trempe les doigts pour que la barâka (force miraculeuse, grâce) passe de son corps à l'eau qui est déposée au centre.
La personne malade prend alors trois gorgées dans cette cymbale métallique, l'eau salée et la baraka exorcisent les personnes atteintes des « djnoun »

3 LILA (la cérémonie) :
C’est la grande cérémonie, elle se déroule durant toute une nuit d’ou elle tire son nom ( lila). Elle se décompose en trois grandes phases :
- Laada (coutume)
- Koyyou (souvenirs)
- m’louk

La Laadaest une procession tout en couleurs et en musique incitant à la danse .
Les Koyyou sont un jeu préliminaire, les souvenirs des anciens sont évoqués, mimés et dansés.
Le M’louk est la phase finale de la lila. C’est le moment ou de l’encens et des bouts de tissus des sept couleurs sont amenées sur un plateau. C’est le moment ou les esprits commencent à « apparaître » amenant la transe.


- L'implication des femmes dans le festival de Gnaoua :
Bien que les femmes ne jouent pas un rôle public dans la cérémonie, leur activité reste un élément primordial à son succès. La veille, les femmes se réunissent et préparent la semoule pour le lendemain. Jadis cette tache très longue exigeait que les femmes passent toute la nuit à la préparation de cette semoule.
De nos jours, le travail du blé est purement symbolique et la plupart des grains utilisés pour le couscous est passé au moulin. Pendant ce temps, les femmes participent à la fête par leurs chants.

4 Le repas cérémonie l:
Après le coucher du soleil les Gnawas déposent leurs plats (Tizlafine) de couscous (Imenssi) sur la terre. Les festivaliers prennent le dîner par terre, en plein air, par groupes de 8 personnes. Tout le monde est invité.
Après le repas les invités remercient les Gnaoua et reprennent joyeusement la route.
Mais certains préférent profiter encore de la musique qui continuera jusqu'aux premières heures du petit matin.

A la fin de la Sadaka Les hommes et les femmes Gnaoua donnent leur part de viande au festivaliers et se partagent tous les restes (nourriture, thé, sucre, argent...) pour symboliser leur unité et leur générosité.

Le 2 ème et 3 ème jour du festival
Durant le 2 ème et 3 ème jour du festival dans l'après-midi et jusque tard le soir les Gnaouas jouent l'Aheydous. Une année sur deux les hommes du groupe élisent un nouveau "leader".
Pendant ce temps les femmes préparent des plats spéciaux (viandes, légumes) qu'elles distribuent à toute les familles du village et aux invités. Elles préparent ensuite le couscous du soir.