Un peu d'histoire

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Histoire

Un peu de l'histoire de Vaux-en-beaujolais

Présentation
Il est rare que l’on puisse connaître par leurs noms et leurs liens de parenté quelques habitants d’un village à l’époque de l’an mil. Pour Vaux, on possède plusieurs renseignements grâce aux actes conservés par l’abbaye de Cluny (Saône et loire). La grande communauté bénédictine, semble, dès sa fondation, s’ètre fortement intéressée aux coteaux beaujolais. Des familles lui faisaient don de terre, de vignes, d’églises. A Limas, Salles, Saint-georges de Reneins, Fleurie, Vaux …etc.
Cluny rassemble ainsi des possessions organisées en doyennetés ou en prieurés. Dans son cartulaire, on relève fréquemment l’expression in villa vallis qui se traduit par Vaux. Il faut cependant faire attention au contexte car vaux et un toponyme courant.
Les deux extraits ci-dessous peuvent être attribués avec certitude à Vaux-en- beaujolais :
9 avril 1039 : Moi Arnulfus donne pour le repos de l’ame de mon épouse Simeldis…un curtil (terre cultivable) situé « in pago Lugdunensi » (diocèse de Lyon), bordé au midi par une eau courante appelée « Vosana » (Vauxonne)
Entre 1049 et 1109 :Moi Stéphanus mon épouse Adeleidis, notre fils Milo, son épouse Angeltrudis, nos petits enfants Stéphanus,Bérardus, fils de Milon, donnons ce qui est de nos héritages « episcopatu lugdunens » au lieu de Vals (Vaux) ou est l’église Saint-Martin.

Permanence des institutions ; La Valsonne court toujours au midi du village. Saint-Martin patronne toujours l’église de la paroisse. Le joli clocher roman porte toujours ses fenêtres ornées de fines colonnettes jumelées et les chats énigmatiques montent toujours la garde aux angles du vieux portail.

« Le sanctuaire et tabernacle du maître autel de l’église Saint-Martin avaient été nouvellement reconstruites par ses soins et dépens de son Eminence illustrissime et revendissime Monseigneur de Rochefoucauld cardinal archevèque de Rouen, primat de normandie, abbé chef supérieur et administrateur perpétuel de l’abbaye de tout ordre de Cluny, en cette dernière qualité décimateur de la paroisse de Vaux, ont été bénis avec l’archevéché de lyon, par le curé de Vaux, en présence de François Despiney, prètre vicaire au-dit Vaux, de sieur Antoine Durieu , sindic, Claude Métra, Claude Perreon, fils cadet,Claude Sotison, François Mailliard et d’autres… »

Ce texte montre bien la situation à la veille de la révolution. Vaux dépend toujours de Cluny, mais l’abbé n’est plus qu’un lointain personnage, pourvu de titres nombreux, qui comptent surtout pour lui par les bénéfices qu’ils rapportent ; Tout se passe en réalité entre les paroissiens. La réparation a été payée par l’argent des dîmes que l’abbaye collecte sur les récoltes. Ce sont les notables qui ont assisté les prêtres pour la conduite des travaux. Le jour de la bénédiction de l’autel rénové est une réjouissance à laquelle participent ceux qui ont été à la peine ; On retrouve avec intérêt, ainsi qu’on l’a déjà constaté pour d’autres villages beaujolais des noms de familles toujours représentées de nos jours, ainsi que des patronymes correspondant aux lieux-dits. La propriété viticole a maintenu les hommes au pays.

Monsieur Antoine Durieu, lointain parent de M. Ennemont Durieu, ancien président de la chambre de commerce de Villefranche, né en 1736, est qualifié de sindic, ce qui correspond à maire. En 1790, il le sera effectivement. Décédé en 1791, il sera remplacé l’année suivante par son gendre Claude Perreon, Perreon comme Le Perreon. Claude Sotison comme le hameau de Sotison.
M. Antoine Durieu ayant hérité de la famille Chamarande, habitait …Chamarande.

Dans un aveu et dénombrement de la seigneurie de Montmélas qui en détaille minutieusement les limites, on peut lire ces termes pour des confins : La justice du mas de Vaux.
Dans le langage ancien, le mot mas désigne un hameau, une unité résidentielle.
La seigneurie de Vaux prit donc naissance, non pas à partir d’un castrum, comme Anse, Montmelas ou Beaujeu, mais en s’appuyant sur un mas et cela par partage avec les seigneuries voisines.

1266 :
Milon de Vaux, doyen de l’église de Lyon, acquiert de Jean de Saint-Sorlin une portion de justice. Saint-Sorlin voisinait avec Montmelas ? On dit encore « Montmelas-Saint-Sorlin » ; La réunion date de 1569.

1308 :
Milon..échange avec Guichard de Beaujeu la juridiction de Vaux contre la partie d’un péage levé à Belleville que possédait ledit Milon.
La répétition du prénom « Milon » depuis le XIème siècle jusqu’au XIVeme incline à voir le prolongement d’une lignée solidement implantée.
Les souvenirs du Mas de Vaux se retrouvent dans le vieux bourg perché au-dessus de l’église.
La seigneurie de Vaux, d’abord vassale des sires et barons de Beaujeu, dut conquérir une relative autonomie lorsque le roi Francois 1er, préssé par des besoins d’argent, chargea le cardinal de Tournon de procéder à la vente des revenus du beaujolais confisqués sur le dernier duc de Bourbon accusé de félonie.
Au XVIIe siècle, sans hésitation, on mentionne les barons et la baronnie de Vaux. Puis tous droits féodaux abolis, après la révolution de 1789, on voit renaître des barons et une baronnie dite, cette fois, de Vauxonne. La commune, créée en 1790, se modèlera sur la vaste paroisse, siège de baronnie, supérieur à la moyenne. Il faudra attendre 1890, la troisiéme république et la disparition totale des barons, pour qu’une rectification donne naissance à la municipalité du Perreon . Vaux se retrouva avec 1784 hectares.

Les justices ne coïncidaient pas très exactement avec les paroisses ; Vaux débordait en partie sur Saint-Cyr-Le-Chatoux pour la justice mis, du pont de vue religieux, Saint-Cyr était annexe de Vaux. Le hameau des Chardons, paroisse de Vaux, était de justice de Montmelas et le Fageolet était une enclave de Vaux sur Montmelas. Ces complexités de bornage donnaient lieu à des plantations de témoins-repaires sous forme de pierres plus ou moins ornées des blasons de seigneurs intéressés.

« …un pilori ou borne de pierre étant dans le dit bourg de Saint-Cyr, faisait séparation de la présente juridiction (Montmelas) avec celle du seigneur marquis de Rochebonne (Oing) et celle du dit Vaux… »
Le seigneur marquis de Rochebonne n’avait en réalité sur Saint-cyr qu’un seul habitant ? Il n’en revendiquait pas moins son titre de « seigneur de Saint-Cyr » ? Celui de montmelas grignotait sur Vaux et s’intitulait pour cette raison « seigneur de vaux », et naturellement celui de Vaux annexait Saint-cyr .
Compte tenu de ces subtilités, quels furent les seigneurs de Vaux, en quelque sorte à part entière ?
Pour le XVe siècle, on est mal informé. Au XVIe, on commence à trouver des mentions :

1534 :
Pour la convocation du ban, ou service militaire, on note : le Général des finances de Bretagne.

1544 :
Francois de Saint-priest en Dauphiné a acheté la seigneurie.

1555 :
La dame de Vaux, sans doute, Isabeau Alleman, veuve de Francois de Saint- Priest (Richard, seigneur de Saint-Priest).

1657 :
Jean-Baptiste Gueston, conseiller au présidial, écuyer, porte le titre de baron de Vaux.

1669 :
Anne de Rouvière, dame et baronne de Vaux.

1683 :
Barthelemy-Francois d’honnoraty, écuyer, seigneur et baron de Vaux, Janzé et autres places.

1697 :
Jean-Francois de Giry, écuyer, baron et seigneur de Vaux et de Saint-Cyr, conseiller, secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances. Son épouse se nommait Antoinette Jaquier de Cornillon.
Les Giry était originaires du Forez. L’un d’eux, l’abbé Odet de Giry de Vaux fut élu membre de l’Académie française, sans cependant avoir laissé d’œuvre connue.

17 septembre 1749 :
Jean carra, écuyer, directeur de la monnaie de Lyon, achète Vaux aux enchères.

24 mars 1792 :
Pierre Carra, de Vaux, vendit son domaine à MM. Sain-Rousset et Saint-Mannevieux, frères.
La famille Carra de Vaux, fut de tout premier plan et cela sous plusieurs régimes.
Jean Carra et son épouse Marie Régnie eurent trois fils qui embrassèrent la carrière des armes à une période ou le métier n’était pas de tout repos.
L’aîné, Pierre-Benoit, né en 1975, chevalier, fut d’abord capitaine au régiment d’Orléans, infanterie. Son mariage le rapprocha de la famille d’Orléans, en effet il épousa le 16 janvier 1788, Césarine des Roys, fille de Jean-Louis des Roys, écuyer, ancien intendant des finances du duc d’Orléans et de Marie Gavault, sous gouvernante des enfants de la maison d’Orleans. Césarine avait joué, dans son enfance, avec le troisième fils de Philippe-Egalité, le petit comte de Beaujolais. La protection de la famille d’Orleans avait valu à Césarine et à une de ses sœurs, Alix, d’être admises comme Chanoinesses-comtesses dès l’age de 14 ans au chapitre de Salles-en- Beaujolais.
Le séjour des deux jeunes adolescentes se termina par un mariage. Césarine avec le fils du baron de Vaux et Alix avec le chevalier de Lamartine, de cette union devait naître le célèbre poète.
Le bonheur du ménage Pierre-Benoit Césarine fut de courte durée. Très vite les troubles révolutionnaires vinrent inquiéter les riches propriétaires qu’ils étaient. Outre à Vaux , ils résidaient à Lyon et aux Hais à Dardilly. Entre la crainte des émeutiers, les règlements de famille et la dévaluation des assignats, M. de Vaux se retrouva ruiné, ayant perdu 80000 livres à Vaux et 40000 à Dardilly.
Toute la famille se replia à Nice, attirée par les Clary. On connaît l’importance des Clary auprès de Bonaparte. Le baron de Vaux ne perdait pas trop au change, l’étoile de ses nouveaux amis allant s’élever au firmament. Le futur cardinal Fesch, oncle du futur empereur, baptisa l’un des enfants de Césarine.
Le second fils de Jean-Carra, Jean-Francois (1756- 1844) devint le général Carra-Saint-Cyr. Il prit une part à la bataille de Marengo en défendant la position de Castel-Celorio. Pour cette raison, son nom figure sur l’arc de triomphe.
Le troisième fils, Claude (1760-1843) portait le nom de Carra-Rochemeure. Il voulut d’abord émigrer puis partit pour l’armée d’Italie avec le bataillon de la garde nationale de Saint-Didier-au-Montd’or et enfin, comme ses frères, gagna la ville de Nice.
Jean Carra avait deux filles : Mme des Henrys et Mme de Lemau de Tancé.
A la veille de la révolution, Mme Veuve Jean Carra habitait avec sa fille, Mme des Henrys, séparée de son mari, le château de Vaux, « tout meublé avec les jardins ».
Par la suite les Carra de Vaux se retrouvèrent à Rieux, près de Montmirail (Marne), sur les terres de M.des Roys. On peut encore voir leur tombeau de famille au cimetière.
Le berceau de la famille Sain se trouve au Bois-D’oingt ou plusieurs de ses membres furent chirurgiens. La dispersion fit essaimer des avocats, des fabricants d’étoffes et même un maire de Lyon. Le 29 octobre 1754, Claude Antoine Sain, bourgeois du Bois-D’oingt, chevalier de Saint- Louis, chirurgien des armées du roi, épousa Madeleine-Fleurie d’Arod, fille de Benoit d’Arod, chevalier, seigneur de Pierrefiland et de Benoit Vernay.
Pierrefiland est situé sur Rivolet et la famille d’Arod fut pendant plusieurs siècles seigneur de Montmelas.
Du 29 novembre 1799 au 25 septembre 1805, M. Sain-Rousset est maire de lyon. En 1813, il reçoit de l’empereur Napoléon 1er, le titre de Baron de Vauxonne. Une décision du tribunal civil du 3 août 1830 autorise André-Paul Sain Rousset à ajouter à son nom « de Vauxonne ».
André –Paul Sain, surnommé Rousset par suite de son mariage avec Antoinette Rousset, eut trois fils : Albin-Fortuné-Pierre-Paul, né à Lyon en 1792, capitaine du génie, maire de Vaux, Jules-Pierre-auguste, docteur en médecine à Lyon. Emile-Jean-André Lufrote, procureur du roi à Villefranche. Le premier sous-préfet de Villefranche était de la même famille : Claude-Antoine Sain.
Au fond du cimetière de Vaux s’élève une chapelle. Ce n’est pas un monument funéraire, c’est simplement un témoignage de reconnaissance édifié par les habitants de Vaux à un de leurs édiles. La chose n’est pas courante et mérite qu’on rapporte intégralement la dédicace :
« A M. Albin de Vauxonne, capitaine de génie, maire de la commune de Vaux, restaurateur de sa vicinalité, né le 1er mai 1798, décédé le 22 février 1851. Ce monument a été élevé spontanément par les habitants de la commune de Vaux, en témoignage de reconnaissance et comme l’expression des regrets universels que sa mort prématurée a laissé dans le pays et toutes les classes de la population. »


Les biens de la famille de Vauxonne étaient très étendus sur Vaux et le Perreon. Ils comprenaient les deux châteaux ; La vente amena la dislocation du patrimoine.
M. Laposse acquit le château de Vaux transmis à ses descendants MM. De Vermont.

Le château de Vaux, de très grandes dimensions, marqué par de solides pilastres engagés et un fronton triangulaire a du être construit par Jean Carra et consolidé par M. de Vauxonne. A l’arrière subsistent encore les vestiges d’un édifice plus ancien, en particulier une porte ogivale qui donne accès à une tourelle emmurée. Faut-il y voir une survivance d’une maison de Cluny ? Le doyenné de Limas, « un vieux château ruiné » fut vendu en 1575 . Vaux qui en dépendait subit-il le même sort ? Par la suite, on confia la gestion des revenus au prieuré de Montberthoud à Savigneux dans l’Ain.

En 2002 le château fut vendu par la famille de Vermont à un promoteur immobilier.Il est aujourd’hui transformé en appartements.

Du XIII ème siècle, il reste le clocher et la porte de l’église.

Pendant la révolution, les cloches de l’église seront fondues pour en faire des canons. Il ne s’agit pas d’un calembour même si la première vigne fut plantée à Vaux en l’an 1000, au hameau de Pontmain, par les moines de Cluny.

Lors du siége de Paris en 1870, les républicains de Vaux se précisent au secours de Gambette dont le ballon montgolfière aurait atterri au Chatel.
Il s’agissait en réalité d’un canular.

Le 17 novembre 1890, eut lieu la séparation de Vaux et du Perreon, qui auparavant formaient une seule commune, ce qui ramena la superficie totale de 3257 hectares à 1780 pour Vaux.
La population forte de plus de 2000 habitants en 1850 est tombée aujourd’hui à 690.

Dans l’histoire plus récente, en 1941, Vaux eut droit à la visite du maréchal Pétain, alors dirigeant d’une France occupée.

L’inauguration de la Rue Gabriel Chevallier
L’inauguration eut lieu le 28 octobre 1956 après que l’idée fusse adoptée par le conseil municipal le 2 septembre.

Le caveau de Clochemerle
Il fut inauguré en grande pompe le 28 octobre 1956.

La coopérative des vignerons de Clochemerle
Elle fut créée le 16 mai 1960 et ne groupait que des vignerons du terroir, ne vendant que des vins sélectionnés.

La confrérie des G.O.S.I.E.R.S.E.C
Cette confrérie porte bien haut, la notoriété des beaujolais et de Clochemerle. Elle fut créée en 1961.

Dans les années 70, Vaux demanda à prendre officiellement le nom de Clochemerle mais la veuve de Gabriel Chevallier s’y opposa et le conseil d’état rejeta la requête.