Un regard sur Montmartre

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agathe

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Montmartre, un village

Destinations / Paris & Ile de France

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Histoire

Quartier des Abbesses, butte Montmartre.

Présentation
La Butte Montmartre, culminant à 100 mètres au dessus du niveau de la Seine, fut longtemps considérée comme un lieu sacré. On raconte qu’elle était autrefois occupée par un temple du Dieu Mars (Mons Martis) ce qui faisait de Montmartre, étymologiquement, le "Mont Martial de Paris".

D'autres, plus tard, en firent le théâtre du martyre de Saint Denis, premier évêque de Paris. Sous l'influence de l'église chrétienne, la butte fut rebaptisée « Mons Martyrium » : le Mont du Martyre.

En 1133, le roi Louis VI Le Gros racheta les terres des moines de Saint Martin des Champs, qui se trouvaient en haut de la butte. Il y fit construire une église et un monastère qui fut donné aux Bénédictines de Saint Pierre des Dames. Son épouse, la reine Adélaïde s’y retira et y mourut en 1154. L’Abbaye de Montmartre devint l’une des plus riches et des plus importantes du royaume.

L’abbaye Bénédictine favorisa la plantation de vignes sur les pentes de la butte, les religieuses ayant droit de pressoir. Ces vignes existent toujours, on y organise chaque années les vendanges de Montmartre.

En 1590, l’abbesse de Montmartre, qui était Claude de Beauvilliers et n’avait que 17 ans, devint la maîtresse du roi de Navarre, futur Henri IV. Alors qu’il venait d’assiéger Paris avec ses 12 000 hommes, Henri logea à l’abbaye. Il prit grand soin du monastère et de l’abbesse qui le suivit à Senlis lorsqu’il leva le siège . Celle-ci lui présenta Gabrielle d’Estrées, sa cousine germaine, qui la supplanta dans le cœur du futur roi de France. L’abbaye de Montmartre fut par la suite traitée de « magasin des p... » par les parisiens. C’est la sœur de Claude, Marie de Beauvilliers qui eut le courage de remettre de l’ordre dans un établissement délabré aussi bien physiquement que moralement. Quarante six Abbesses dirigèrent ce monastère. La dernière fut Louise de Montmorency-Laval décapitée le 2 juillet 1794, à l’âge de soixante et onze ans, complètement sourde et aveugle, qui ne comprenant rien aux accusations ne put répondre à Fouquier-Tinville (accusateur public du Tribunal Révolutionnaire). Il la condamna à mort pour « avoir comploté sourdement et aveuglément contre la République ».

Les biens de l’abbaye furent confisqués par la Révolution et partagés en lots. Les acheteurs, des maçons et des carriers, rasèrent tous les bâtiments pour vendre les matériaux, le sol fut défoncé pour permettre l’extraction du gypse (matériau utilisé pour obtenir une sorte de plâtre).

Si l’abbaye n’existe plus de nos jours, le nom de la place et de la rue des Abbesses lui rend hommage. Conservant ainsi le souvenir de ce bâtiment, qui aujourd’hui, aurait été l’un des plus anciens de la capitale.

Riche de ses petites rues escarpées, de ses jolis escaliers et de ses petits commerces de proximité, le quartier des Abbesses offre à ses habitants, comme aux passants, un environnement calme et charmant.